Tag Heuer Baselworld Party : How to dress?

On dit que les journalistes – et plus encore leur version numérisée : les blogueurs – sont des gens sans pitié envers les marques, distillant un venin acide d’une plume au vitriole envers celles qui ne trouvent grâce à leurs yeux. Ils sont tellement crains, que certains directeurs Com interdisent formellement leurs attachés de Presse de répondre, sans consultation préalable du CEO, aux plus vénérés: il faut entendre les mises en garde formelles pour le croire! Et pour avoir été moi-même RP, j’ai quelques souvenirs encore frais de ces interdictions catégoriques qui sonnent aux oreilles comme les sirènes d’un premier mercredi du mois: désagréable. A se demander ce que ces marques peuvent bien faire subir à ceux qui ont la passion des mots, pour que ces derniers se transforment subitement en critique assassine… Et pourtant, la première qualité de celui qui écrit, est, espérons-nous, son objectivité, son plaisir du partage informationnel et son souci de décrire, le plus fidèlement possible. Laissez-moi donc vous conter un exemple qui illustrera mon propos avec délice.

A Baselworld, l’effervescence du coté des départements communications des maisons horlogères est à son comble. On court de partout, on se bouscule, on ne dort plus, on mange mal, on est en sur-tension et on a, particulièrement, très mal aux pieds. Les demandes incessantes de la presse sont une source de stress comme les subissent les préposés aux envois sur la lune : aux limites de la résistance. Observant ce ballet de communicantes pro, les journalistes scrutent, jaugent, s’emballent… ou pas. Ingrate, la séduction horlogère, parfois, mais pas pour toutes les marques. Et avoir une star d’Hollywood dans sa manche pour faire la promo de sa nouveauté : c’est bien. Faire venir des blogueurs pour couvrir l’évènement : c’est encore mieux!

Me voilà donc invitée à la soirée Tag Heuer, en marge du salon, en présence de la très médiatisée Cameron Dias.
Avant la date, j’échange quelques mails avec le département Com pour prendre connaissance des modalités de l’évènement. Les réponses sont agréables, très courtoises et attentionnées; parfaites à créer le climat propice à un merveilleux article, plein de belles sensations et de grands sentiments où le rêve laissera place à l’emballement.
Sur place, la soirée est à la hauteur des attentes : fontaines de champagne, cocktails en cascade, mets raffinés de cuisine moléculaire, et star planétaire au milieu de tout ce cirque très bien orchestré. Je shoote de-ci de-là – mon reflex sur l’épaule entre deux bouchées – l’ambiance de cette soirée, à la recherche d’angles de vues différents que tous les clichés qui se retrouveront demain en une des journaux. Plus près de Cameron, je rêve d’immortaliser ses chaussures, je lève l’objectif et tout bascule.

Le service d’ordre fond sur moi comme un oiseau de proie toutes griffes dehors, accompagné d’une silhouette féminine sombre qui me prie dans un anglais directif, pour ne pas dire pénitentiaire – plaquage en règle, joue contre le bitume, bras menottés dans le dos, porte-voix criant dans les tympans : non là j’exagère mais j’en avais vraiment l’impression! – de quitter immédiatement les lieux puisque je possède un appareil photo, chose strictement interdite dans le périmètre, sécurisé aux barbelés, de la star qui, je comprends, maîtrise son image. Je promets alors dans la même langue de cesser, de fait et sur le champs, mes photos, et m’engage à ne pas reconduire le viseur à mon regard. La promesse n’étant pas suffisante à rassurer mon interlocutrice, celle-ci m’oblige, sous les regards médusés du groupe formé par l’appel de l’étoile, à être raccompagnée à l’entrée de la fête sous bonne garde. Suis-je en train de me faire virer?
Toutefois dans le hall, le ton se radoucit et suis-je finalement autorisée à déposer l’objet du délit au vestiaire, ce qui me permettrait, oh indulgente bonté, de poursuivre tout de même la soirée avec les autres invités. J’accepte avec joie en considérant la nuit tombée et les heures de préparatifs qu’il m’a fallu pour me présenter là. Mon chaperon s’adresse donc aux hôtesses, cette fois-ci dans un français très correct, pour leur apprendre ma volonté de me séparer de mon Canon. Je tends donc le ticket de mon manteau, précédemment confié plus tôt dans la soirée, en déclarant mon numéro à haute voix, dans la langue de Molière également, et quelques mots illustrant l’obligation qui m’est imposée avec déplaisir. C’est le moment qu’elle choisi pour engager la conversation : « ah mais vous parlez français? » Et moi de lui répondre :  » oui, et vous êtes Madame? » Les mots qu’elle forme alors avec ses lèvres prennent un effet flouté de ralentis : Je suis Madame X ( ne poussons pas la cruauté jusqu’à dévoiler son nom). J’imagine qu’à cet instant, mon sourire intérieur doit se lire jusque sur mon visage. Je lui tends la main pour qu’elle puisse la serrer de la sienne : « Enchantée de vous rencontrer, je suis Florence Jacquinot, la blogueuse que vous avez invité ». L’instant est saisissant! Dans mon esprit, une Florence enfantine et espiègle se tord de rire. L’une comme l’autre n’avons plus besoin de parler, il semble que tout soit dit. Elle ne trouve d’ailleurs qu’à ajouter, d’une voix subitement douce comme le miel : « J’adore votre robe… et vos boucles d’oreilles. » Je la remercie en relevant le menton aussi haut que peuvent l’être mes talons, et la quitte là pour aller m’amuser, les yeux pétillants de malice: il en est fini ici de mon rôle et je n’ai plus à travailler. Mon article? Elle vient toute seule de me donner matière à l’écrire. Le message est passé, la prochaine fois elle vérifiera, avant, mon identité.

Durant cette diversion, sa collègue à la même qualification, a autorisé les photos de Cameron avec les Iphones, ce qui produit les images les plus horribles qu’on puisse faire d’elle à cet instant précis. On lui dit pourtant qu’elle est belle, et elle répond d’un sourire étincelant de grâce et de distinction  » thaaaank yooouuu » en laissant traîner les voyelles de son « US accent » comme son bleu, papillonnant et envoutant regard. Et superbe, c’est vrai qu’elle l’est! Mince, entretenue, soignée et souriante. Une merveille de disponibilité envers ceux qui l’entourent. Une lumière. Une présence. Voilà c’est cela être une étoile: la définition est éclatante.
Du coup avec cette aventure, la montre, j’ai tout juste eu le temps de la regarder, aussi par honnêteté, comment pourrais-je ici vous en parler? Mais finalement, mon contrat est bel et bien rempli : parler de la marque? C’est fait! Parler de l’ambassadrice Hollywoodienne? Aussi! Ah non c’était pas le propos?
Je pense que, toutefois, je ne serai plus jamais invitée, vues les circonstances qui m’ont poussé à relater avec fantaisie ma soirée. En même temps, qui pourrait bien avoir encore l’envie d’y retourner? Et après on se demande pourquoi les journalistes taillent des costards mieux que les tailleurs de sur-mesure italien? Y’a pas besoin de chercher bien loin si on nous pousse dans le camp des méchants. Ou plutôt si, juste un résumé en image, de couronne renversée, que j’ai scanné dans le ELLE USA de Mars, rubrique psychologie. Une parodie du très célèbre  » Keep Calm and Carry On » où on affiche clairement que les bornes de l’acceptable on été dépassées : ne pas laisser vos émotions, faire de vous leur paillasson! Oui enfin, pour les anglophones, vous me pardonnerez la très édulcorée traduction! Quand le vin est tiré, il faut le boire. Jusqu’à la lie.

Le Lookbook, c’était donc du Black & White, harmonie qui, comme vous le savez, a ma faveur ces derniers mois. Un choix parfait pour les soirées de boulot huppées où on ne sait vraiment pas comment se fringuer. La veste sur la robe m’a semblé particulièrement une bonne idée, permettant d’être en costume sans l’être. Avec les longs pendants d’oreilles, j’ai volontairement fait abstraction d’autres bijoux et dégagé mon cou pour déchargé l’ensemble. Et ce motif Pied-de-poule, qui est résolument chic et branché tout en étant dramatiquement sérieux. Un faux Rock en quelques sortes, beaucoup de structures – jusque dans les lanières des chaussures – et une folle allure!

{ Robe A.J BARY 69 $ USA | Sac CHANEL 1500 Chf CH | Boucles d’Oreilles DIOR 50£ UK | Veste H&M 79.90 Chf WW | Broche ANN TAYLOR 19$ USA | Escarpins GEORGINA GOODMAN 110 £ UK }

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